PROGRAMMATION DU 4 AU 11 OCTOBRE 2015
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Mr GAGA sur les pas de Ohad Naharin

MR GAGA, sur les pas de OHAD NAHARIN – 2016

Tomer Heymann – 1h43


Portrait en forme de puzzle du chorégraphe israélien de renommée internationale Ohad Naharin, dit «Mr Gaga», nom du langage corporel universel qu’il a inventé, aussi bien destiné aux danseurs professionnels qu’au «commun des mortels». Passé chez Martha Graham et Maurice Béjart, l’artiste tient farouchement à son indépendance créatrice. Au rythme des entrevues avec Naharin et plusieurs des danseurs de sa troupe, des films amateurs datant de son enfance, des extraits de spectacles inspirés de moments clés de sa vie ou des séances de répétition, ce chorégraphe à la forte personnalité se dévoile…

 

L’idée de ce film est née il y a une vingtaine d’années lorsque Tomer Heymann a assisté pour la première fois à une pièce de la Batsheva Dance Company. Le cinéaste se remémore : »Ma tête et mon coeur ont alors été tellement bouleversés que cela m’a fait l’effet d’un mélange explosif d’alcool et de drogues. C’est un ensemble de mouvements, de musique, d’énergie, de sexualité, de sensualité et de danseurs dont on pourrait tomber fou amoureux sans même pouvoir l’expliquer. Depuis ce jour-là, je suis devenu un fan obsessionnel de la danse de la Batsheva. ».

 

Pour Ohad Naharin, qui a pendant des années refusé que l’on documente son travail, confier ce projet à Tomer Heymann qu’il connait depuis 25 ans et qui avait déjà réalisé un film sur son travail (Out of focus), fut une évidence. Le chorégraphe poursuit : « Et puis je connaissais bien aussi son caméraman habituel, Itaï Raziel, que j’apprécie beaucoup. Alors, accepter n’a pas été si difficile ! Quant à la question des archives… cela m’a fait du bien de me replonger dans toutes ces vidéos, ce travail passé. Cela m’a permis d’une certaine façon de me ressourcer et en même temps de faire le vide. »

MR GAGA SUR LES PAS D’OHAD NAHARIN Bande Annonce (2016)

 

Une iniation gratuite à la GAGA Danse, par un danseur de la Young BATSHEVA COMPANY,

Yankalle FILSTER

 

assisté de Maya SHOHAM

aura lieu

à St Rémy de Provence le samedi 1er octobre, salle Henri Rolland à18h

à Carpentras, le samedi 8 octobre, au conservatoire de musique et de danse de la Charité

à Avignon, date à venir, à la maison Jean Vilar

 

 

Critiques

 

C’est par le lâcher-prise que l’on arrive, dans Mr. Gaga, à la danse. En ouvrant le beau documentaire qu’il consacre au danseur et chorégraphe Ohad Naharin, Tomer Heymann illustre d’emblée sa conviction de présenter un être hors normes, et sa vocation à le faire d’une manière qui ne rentrera pas dans les clous du genre. (Le Monde)

 

L’important est de bouger. Ce film en donne très envie. (Télérama)

 

« Mr Gaga » vaut mieux qu’un simple documentaire sur un homme d’exception. Par le prisme de l’intime et de l’exhibition, c’est d’abord un film sur la manière dont un artiste cherche à demeurer libre, hors des institutions.(Transfuge)

 

 

Récompenses

Audience award : documentary spotlight

Film Festival, Austin, TX, USA 2016

 

Best documentary aw ard
Sofia International Film Festival, Bulgaria 2016

 

Liens

Laure Adler interview dans hors-champs

 

http://danse-et-vous.com/mr-gaga-sur-les-pas-dohad-naharin-une-plongee-dans-lintimite-dun-choregraphe-unique-notre-critique-2/

 

dossier presse du cinéma La Fourmi

http://cinema-la-fourmi.com/wp-content/uploads/2016/05/Mr-Gaga-DOSSIER-DE-PRESSE.pdf

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WEDDING DOLL

WEDDING DOLL – 2015 – Non distribué en France

Nitzan Gilady – 1h32

Moran Rozenblatt,  Roy Assaf, Asi Levy

 


Hagit,  24 ans, souffre d’un léger retard mental. Elle vit avec sa mère divorcée à Mitzpe Ramon, localité perchée dans les montagnes du désert. Elle travaille dans une fabrique de papier toilette au bord de la faillite. Hagit est pleine de charme  et de vie. Son plus grand désir est de se marier. Les murs de sa chambre sont tapissés de photos de mariage découpées dans des magazines, et elle a comme hobby la fabrication de poupées de mariées délicates, leur silhouette est en carton découpée dans les rouleaux de papier toilette et elle les habille de papier blanc. La fabrique de papier est  la meilleure part de sa vie : elle s’y sent appréciée par le patron qui l’affectionne et est amoureuse d’Omri, le fils du patron, qui est attiré par elle. Ils se donnent rendez-vous en cachette sur la promenade devant le canyon vertigineux de Mitzpe Ramon quand la mère de Hagit s’absente. Celle-ci fait ce qu’elle peut pour protéger sa fille du monde extérieur, mais Hagit lutte pour réaliser ses rêves d’indépendance et d’amour et ne comprend pas pourquoi sa mère craint pour elle. Alors quand la fabrique de papier périclite et annonce sa fermeture, le monde de Hagit bascule.

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UNE SEMAINE ET UN JOUR

AVANT-PREMIERE MARDI 4 OCTOBRE

en présence de Shai AVIVI

2016 – Réalisé par Asaph Polonsky – 1h38

Shai Avivi, Evgenia Dodina, Tomer Kapon

 


À la fin du Shiv’ah*  (les 7 jours de deuil dans la tradition juive), l’existence doit reprendre son cours. Tandis que Vicky, sa femme, se réfugie dans les obligations du quotidien, Eyal, lui, décide de lâcher prise… Avec un ami de son fils défunt, il partage un moment de liberté salvateur et poétique, pour mieux renouer avec les vivants…

 

Shiv’ah*

C’est la semaine de deuil qui suit les funérailles du défunt. Sept jours pendant lesquels les parents et les amis se relaient continuellement auprès de la famille endeuillée pour la soutenir et la réconforter. Shiva’h s’achève le matin du 7eme jour. Pendant cette période, les personnes en deuil ne travaillent pas, et la plupart du temps, restent chez elles. C’est comme une parenthèse, une interruption de vie, pour surmonter sa douleur et se souvenir.

« Le Shiv’ah est un moment fascinant, un moment de soutien aux proches endeuillés et, théoriquement, de solidarité. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la fin de cette étrange parenthèse : ce qui se passe quand l’existence, ses obligations et sa routine reprennent leurs droits, et que le principe de réalité surgit brutalement » Asaph Polonsky

BANDE ANNONCE : player_gen_cmedia=19562663&cfilm=246772.html

Interview Asaph Polonsky (extraits)

« Tandis qu’elle tente de se raccrocher à son quotidien, lui décide de lâcher totalement prise, de s’abandonner au vide insensé que son fils a laissé et qui va lui permettre de retrouver une forme de légèreté et d’apaisement… J’avais envie de montrer l’absurdité de la situation avec humour, de poser un regard lumineux et vivant sur une histoire triste. Pour faire plus simple, j’aime passer du rire aux larmes, alors j’ai essayé de réunir les deux. »

 

« Les 2 comédiens ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, mais l’alchimie entre eux a été incroyable et immédiate, comme celle d’un couple soudé qui aurait tout partagé depuis des années…Leur façon d’appréhender le film et de travailler leur rôle respectif étaient si différentes que je n’ai pas voulu interférer. Et finalement c’est cela qui crée cette dynamique et cette force entre eux. La confrontation de leur deux univers apporte au film son humour et son ton particulier. La façon de gérer la dimension humoristique du film a été de ne pas en tenir compte. Les comédiens n’ont pas essayé d’être drôles, ils ont juste fait en sorte d’être sincères et de rendre la vérité du moment présent. Je me demande s’ils avaient même conscience de jouer dans une comédie. »

 

One Week and a Day est le premier long métrage réalisé par Asaph Polonsky, après trois courts métrages. Il a été présenté en compétition à la Semaine Internationale de la Critique du Festival de Cannes.

Critiques

Pour son premier long-métrage, le réalisateur israélo-américain Asaph Polonsky cherche la difficulté, et la difficulté lui va bien. Le Monde

Un projet ambitieux mais maîtrisé. Télérama

Voilà une petite merveille, un film plein d’humour et d’amour.

Récompenses

Prix Fondation Gan à la Diffusion dans le cadre de la Semaine de la Critique 2016.
Le Prix a été attribué à Sophie Dulac Distribution, distributeur français du film.

« Si la comédie, on le sait, peut-être un remède face aux douleurs du monde, ce film en est la preuve vivante. Il renoue avec les vertus apaisantes d’un rire généreux, d’un rire qui ne se fait jamais au détriment des personnages mais se partage avec eux, d’un rire mélancolique, noir, incorrect et qui est porté par une interprétation remarquable ». (La Fondation Gan pour le Cinéma)

 

 

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VICE VERSA

VICE VERSA – 2015

Amichai Greenberg – 62 min

Keren BERGER, Itamar ROTSCHILD, Rani BLEIER


Yohai est un étudiant de Yeshiva et Ayelet une jeune fille de 18 ans atteinte d’un cancer. Leur rencontre les conduira d’une relation innocente vers une histoire d’amour intime et passionnée, exacerbée par la maladie et transcendant les lois de la société et de la religion.

Mention spéciale du Jury au « Religion Today Film Festival »  de Trente (Italie) octobre 2015

 

 

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RESTORATION

Restoration – 2011

Joseph Madmony – 1h46

Sasson Gabai, David Henry, Nevo Kimchi


Lorsque son associé de plusieurs années meurt soudainement, Yaakov Fidelman se rend compte que sa boutique de restauration de meubles anciens est sur le point de faire banqueroute. Son fils pense que le mieux serait de mettre la clé sous la porte. Mais l’arrivée d’un apprenti à la boutique redonne espoir à Yaakov…

 

PRIX et NOMINATIONS

Nominated for 11 Israeli Film Academy Awards
Winner of the Best Screenplay Award at Sundance
Winner of Best Film, Best Music and Best Editing at the Jerusalem FF
Winner of the Best Film award at Karlovy Vary Film Festival
Winner of the Grand Prix – Golden Warsaw Phoenix at the Jewish Motifs FF
Official Selection – Toronto Int’l Film Festival

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PARTNER WITH THE ENEMY

PARTNER WITH THE ENEMY (Partenaire avec l’ennemi)- 2015

Duki Dror, Chen Shelach - 1h

 


En plein conflit israélo-palestinien, une Israélienne et une Palestinienne tentent l’impossible : monter ensemble une affaire. Elles combinent leurs forces pour créer une compagnie de logistique destinée à accompagner des hommes d’affaires palestiniens dans les démarches absurdes qui leur sont imposées par les contrôles israéliens. Mais chemin faisant, des conflits vont les déchirer. Leur lien sera-t-il assez fort pour surmonter l’impossible ?

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WOMEN IN SINK

Documentaire non distribué en France

WOMEN IN SINK – 2015

réalisé par Iris ZAKI  – 37mn

 

 

Women in sink  de Iris Zaki : cinéma, coiffure et politique

Chez Fifi, salon de coiffure tenu par une arabe chrétienne à Haïfa, la réalisatrice installe sa caméra juste au-dessus du bac à shampoing et converse ouvertement avec les clientes du salon, arabes et juives sur la politique, la vie et l’amour. La réalisatrice nous offre un portrait inattendu dans cet espace de liberté temporaire dans lequel les femmes partagent leurs différences et échangent leur point de vues sur tous les sujets de la vie.

Ce documentaire sera présenté dans les séances avec  PARTNER WITH THE ENEMY

article de 

Pour son documentaire « Women in sink » – tout juste sacré Moyen-métrage le plus innovant au festival Visions du Réel – la réalisatrice Iris Zaki a eut l’idée d’installer sa caméra au-dessus du bac d’un petit salon de coiffure pour dames situé à Haïfa… et de shampouiner elle-même les clientes. Lieu de rencontre et de détente, « Chez Fifi » constitue une véritable oasis au cœur des tensions communautaires qui traversent la société israélienne. Surtout, c’est lieu où les langues se délient…

Le dispositif est minimaliste : une caméra suspendue juste au-dessus du bac à shampoing d’un salon de coiffure. Sous l’objectif défilent des femmes arabes, juives et chrétiennes qui se confient volontiers, entre de petites histoires intimes et la grande histoire. Iris Zaki, jeune cinéaste israélo-britannique, assume ouvertement son intention première : donner la parole à des femmes arabes – musulmanes ou chrétiennes – pour dénoncer les discriminations dont elles sont victimes en tant que minorité de l’État hébreu. « Je ne connais rien des Arabes, c’est pour ça que je suis venue ici », avoue la réalisatrice à la première cliente.

 

Confidences au bac à shampoing

A l’apparente légèreté des causeries de coiffeur, Iris Zaki répond par un propos tout en douceur et en nuances, sans jamais minimiser les enjeux politiques et confessionnels qui traversent la société israélienne. Ni angélique, ni belliqueux, le film fait peu à peu tomber les clichés : une femme juive raconte son éducation partagée entre deux confessions, une femme arabe affirme être fière que ses enfants soient engagés dans Tsahal… Des témoignages qui démontrent la possibilité d’une coexistence entre les communautés.

Chez Fifi (tenu par une Arabe chrétienne) les femmes partagent leurs plats faits maisons et se soutiennent dans les coups durs. Elles forment un groupe hétéroclite, à l’image de la complexité de la société israélienne. Si les crispations politiques et religieuses existent, elles ne pénètrent pas ce cadre intime où rien ne permet au spectateur de distinguer l’appartenance communautaire de chacune.

 

women in sink

Caméra abandonnée »

Iris Zaki, actuellement en doctorat à l’université de Londres, approfondit ici sa technique de « caméra abandonnée », qu’elle avait expérimentée dès 2013 dans MY KOSHER SHIFTS, soit le choix pour la réalisatrice de se positionner  non pas derrière la caméra, mais derrière le bac où elle-même shampouine « ses » clientes.

Le cadre statique prend vie à travers les visages saisis en gros plan et les mains inexpérimentées de l’apprentie-coiffeuse. Quant au dispositif de tournage très léger, il contribue à instaurer un climat propice à des conversations libres, des confidences que la réalisatrice ne se contente pas de recevoir en simple observatrice, préférant devenir partie prenante.

 

Haïfa, en chair et en os

WOMEN IN SINK, propose une radiographie originale de Haïfa, ville d’origine de la réalisatrice, à travers la juxtaposition d’histoires individuelles. Majoritairement arabe jusqu’en 1948, cette ville côtière du nord d’Israël est désormais une cité multiculturelle et multiconfessionnelle où coexistent Juifs, Musulmans, Chrétiens et Druzes. « On a l’impression de s’échapper d’Israël » affirme une cliente.

Iris Zaki signe un film aussi léger qu’intelligent, usant d’un procédé technique simple et novateur pour nous plonger dans l’intimité d’une communauté et transmettant ainsi un point de vue encore trop rare sur une situation de conflit : la perspective des femmes.

PRIX

Best Short Film Award, Filmes do Homem, Portugal, 2016
First Prize,  FOCI Magazine competition, UK,  2016

Warsaw Phoenix for the Best Short Film, Jewish Motifs International Film Festival, Poland, May 2016

Best European Documentary, ÉCU – The European Independent Film Festival, France, April 2016

Audience Award for Best Short Foreign Film at Films de Femmes Créteil, March 2016

Special Jury Mention,  Zagrebdox Film Festival, Croatia, February 2016

Most Innovative Mid-Length Film Award at Visions du Reel, Switzerland, 2015

Special Jury Mention at Karlovy Vary, Czech Republic, 2015

Best Short Documentary Award at Haifa International Film Festival, Israel, 2015

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LIFE IN STILLS (Les épreuves d’une vie)

LIFE IN STILLS  (Les épreuves d’une Vie) – 2011

Tamar Tal – 1h

Âgée de 96 ans, Miriam Weissenstein n’aurait jamais imaginé devoir faire face à un nouveau chapitre de sa vie. Mais lorsque Le Pri-Or PhotoHouse (studio et magasin de photographies), travail de toute une vie de son défunt mari Rudi – est menacé de démolition, cette femme intransigeante aux idées bien arrêtées sait qu’elle aura besoin d’aide. Sous l’ombre d’une tragédie familiale, une relation particulière se forge entre Miriam et son petit-fils, Ben, alors qu’ils joignent leurs forces pour sauver la boutique et son million de négatifs, témoins des moments les plus importants de l’Histoire d’Israël. Malgré un fossé générationnel et de nombreux conflits, Ben et Miriam embarquent dans un déchirant voyage, comprenant des moments plein d’humour et d’émotions – un voyage nécessitant beaucoup d’amour, de courage et de compassion.

Le premier documentaire de Tamar Tal, jeune photographe et documentariste originaire de Tel-Aviv.

Le long métrage documentaire de la réalisatrice israélienne Tamar Tal, dont le titre en français est Les épreuves d’une vie , est un film intime et touchant, graveur de mémoire. Sorti sur les écrans il y a deux ans, il porte des noms différents selon la langue : HaTsalmanyia, « le magasin de photographies », en hébreu ; Life in Stills,  (la vie en photos), en anglais. Ce superbe film continue à enthousiasmer la critique et à remporter les prix prestigieux qu’il mérite amplement (au moins une quinzaine à ce jour, dont l’Oscar israélien du meilleur documentaire). Produit par Barak Heymann (les frères Heymann sont connus pour leurs excellents films à caractère social) et tourné à Tel Aviv, il traite non pas de problèmes politiques, mais du destin d’un studio et magasin de photographies mythique appelé Pri-Or PhotoHouse. Pri-or, « fruit de la lumière » en hébreu, est un nom qui n’est pas sans évoquer le livre que Barthes consacra à la photographie, La Chambre claire, et cette idée de la photographie en tant qu’empreinte lumineuse de ce qui a été : un art de mémoire.

Les épreuves d’une vie racontent des histoires enchâssées, celle d’une ville, d’un pays, mais aussi d’une famille, et d’êtres exceptionnels, de par leur résilience. Le documentaire témoigne de la relation hors du commun existant entre la propriétaire et fondatrice de Pri-Or PhotoHouse, Miriam Weissenstein, âgée de quatre-vingt seize ans, et son petit-fils, Ben Peter, la trentaine, qui a commencé à diriger l’affaire familiale avec sa grand-mère quelques années avant que celle-ci ne s’éteigne, à l’âge de quatre-vingt dix-huit ans. Une relation très forte et compliquée les unit, au-delà des liens familiaux : elle se fonde non seulement sur un idéal partagé, celui de la préservation de l’extraordinaire travail du photographe Rudi Weissenstein (1910-1992), le feu mari de Miriam ; mais aussi sur une fidélité absolue, inconditionnelle, car sans celle-ci, l’ombre de l’insupportable tragédie qui les a frappés les aurait engloutis.

Le film de Tamar Tal est dédié à la mémoire de Michal Peter (mère de Ben et fille de Miriam), avec qui Miriam avait une relation lumineuse et qu’elle appelait ha néshama sheli, « mon cœur et âme ». Le portrait en noir et blanc de cette femme rayonnante et souriante apparaît souvent à l’arrière plan, que ce soit au studio ou à l’appartement de Miriam. Tamar Tal a inséré dans son documentaire des séquences de films tournés en Super 8 par les parents de Ben, « pour essayer de raconter l’histoire de la façon la plus complète possible », dit-elle dans un entretien qu’elle m’a accordé. L’une d’elle suit une scène se déroulant au cimetière (anniversaire de la mort du couple – en 2003, le père de Ben tue sa mère avant de se suicider), et montre Miriam et Michal en train de mimer qu’elles se réveillent le matin, avec force bâillements et étirements. Leurs yeux rieurs pétillent de complicité. Une belle chanson de Naomi Shemer, que la mère de Ben aimait particulièrement, interprétée par Hava Alberstein, fait vibrer l’air – Shir Siyoum, (chanson de clôture) – : elle s’émeut de la brièveté des jours d’été. À aucun moment Tamar Tal ne s’appesantit sur le drame familial, qu’elle traite avec intelligence et retenue, à travers le filtre de la nostalgie des jours heureux, et avec l’aide d’une musique de fond très sobre, composée par Alberto Shwartz.

Dans l’une des scènes les plus émouvantes du film, on peut voir Ben le nez dans le goulot d’un vieux flacon de shampoing (déniché en faisant ses cartons en vue d’un emménagement chez son petit ami). Il hume et laisse parler les souvenirs : « Ceci… est le shampoing (soupir)… 2003… j’allais nager à la piscine, je faisais deux kilomètres de longueurs à chaque fois, à la piscine de l’Université Ouverte, c’était l’été… puis mes parents sont morts et j’ai arrêté d’y aller… et il me reste ce flacon ». Et l’on apprend aussi qu’il a encore, dans des cartons, ses vieux jouets, ainsi que les vêtements de ses parents.

Tamar Tal voit cette photothèque comme un « dépositoire de vies », et c’est bien de cela qu’il s’agit : de photographie en tant qu’enregistrement des événements et des personnes qui y ont participé. Il s’agit de référence, mais aussi d’exhumation de ce qui n’est plus là : dans La Chambre claire, Barthes disait que la photographie avait quelque chose à voir avec la résurrection. À son instar, nous pouvons dire que les images de Rudi et Miriam Weissenstein contiennent ce qui a été (« attester que ce je vois a bien été », Barthes), empêchant de nier sa réalité et la validant. Cela n’est pas anodin dans le contexte de l’émergence et de la construction d’un état après la catastrophe de la Shoah.

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PRENDRE FEMME

Hommage à Ronit ELKABETZ

 

PRENDRE FEMME – 2008 – 1h37 – 1er film de la trilogie de Ronit Elkabetz et Shlomi Elkabetz ( les sept jours et le procès de Viviana Ansellem)

Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Gilbert Melki

Haïfa, juin 1979 : l’histoire se déroule en Israël durant les 3 jours qui précèdent l’entrée du Shabbat.Une fois encore, Viviane est sur le point de quitter Eliahou, son époux.
Une fois encore, ses frères réussissent à la persuader que sa place est auprès de son mari, ses enfants et sa famille. Fatiguée de cette existence qui dénie ses rêves et ses droits, lasse de cet époux qui privilégie les traditions au détriment de leur vie de couple, Viviane reste, mais elle est à bout.
Au même moment, Albert, un homme qu’elle a aimé, ressurgit dans sa vie. Un homme ayant su, l’espace d’un trop bref moment, lui offrir ce que tous les autres hommes de sa vie lui avaient toujours refusé : la liberté d’être elle-même.

 

 

Présenté en 2004 à la Mostra de Venise dans le cadre de la Semaine de la Critique, Prendre femme y  a reçu  le Prix de la critique et le Prix du public. La même année, l’actrice-réalisatrice Ronit Elkabetz a reçu le Prix d’interprétation féminine au Festival de Jérusalem.

 

bande annonce : x92ibi_prendre-femme-bande-annonce-vost-fr_shortfilms

Prendre femme marque le passage derrière la caméra d’une des plus célèbres actrices israéliennes : Ronit Elkabetz, vue notamment dans Mariage tardif de Dover Kosashvili, Alila d’Amos Gitaï et, en 2004, Mon trésor de Keren Yedaya. Le film est co-écrit et co-réalisé par le frère de la comédienne, Shlomi Elkabetz, qui fut lui-même acteur de théâtre à New York avant de se lancer dans l’écriture et la mise en scène.

Critiques

La puissance de Prendre femme est (…) d’abord dans la façon dont Ronit Elkabetz prend le pouvoir de l’image. (Le Monde)

Ronit Elkabetz (…), qui interprète Viviane, a co-écrit et réalisé le film avec son frère Shlomi, comme une façon d’enregistrer leurs blessures autobiographiques, l’aliénation mutuelle de leurs parents. (…) Le frère et la soeur ne proposent aucune issue, ne ferment aucune piste. Ils captent seulement, avec une étonnante maîtrise du récit, les émotions, les déchirements et les fêlures intimes, un enfer ordinaire et universel. (Télérama)

Il suffit d’une séquence pour qu’un spectateur comprenne qu’un film a de fortes chances d’emporter le morceau. Merveille de Prendre femme : cette scène est la première du film. (…) Force d’une actrice d’exception : Ronit Elkabetz, qui fume des cigarettes comme personne (…), joue cette femme réchappée du cinéma de Cassavetes, essentiellement avec les yeux. (Libération)

 

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LA VISITE DE LA FANFARE

COUP DE PROJECTEUR sur Sasson GABAI et HOMMAGE à Ronit ELKABETZ

A voir ou à revoir avec toujours autant de plaisir

LA VISITE DE LA FANFARE – 2007

Eran Kolirin -  1h25

Ronit Elkabetz, Sasson Gabai, Saleh Bakri, Khalifa Natour

La fanfare de la police d’Alexandrie  est invitée en Israël pour inaugurer un centre culturel arabe. Arrivée à l’aéroport, la petite troupe livrée à elle-même se trompe de chemin et arrive par erreur dans une petite ville perdue du Néguev (une région désertique du sud d’israël), Beit Hatikva (« la maison de l’espoir « ), une localité de fiction, au lieu de Petah Tikva, (« ouverture de l’espoir »), ville moyenne au nord est de Tel Aviv.  Elle est obligée d’y passer la nuit, en s’arrangeant tant bien que mal avec les habitants israéliens, dont une énergique patronne de restaurant.

 

 

BANDE ANNONCE : http://www.sddistribution.fr/fiche.php?id=2

Récompenses

  • Festival de Cannes 2007 :
    • Prix du Jury Un Certain Regard pour Eran Kolirin
    • Prix de la jeunesse
  • Prix du cinéma européen 2007 :
    • Prix Fassbinder de la Découverte européenne (Eran Kolirin)
    • Meilleur acteur (Sasson Gabai)
  • Arte Mare – Festival du film méditerranéen de Bastia 2007 :
    • Prix du public (Eran Kolirin)
    • Prix d’interprétation (Sasson Gabai)
  • Festival international du film d’amour 2008 :
  • Prix d’interprétation masculine pour Sasson Gabai
    • Coup de cœur du jury
    • Prix Ciné-femme
  • Ophir du cinéma 2007 du meilleur film
  • Festival international du film de Jérusalem 2007 : Meilleure actrice (Ronit Elkabetz)