PROGRAMMATION DU 4 AU 11 OCTOBRE 2015
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BETWEEN WORLDS

Miya Hatav2016 - 1h24 – Non distribué en France

Maya Gasner, Maria Zreik, Yoram Toledano

 

A Jérusalem, deux femmes de deux mondes différents se rencontrent à l’hôpital après un attentat. Toutes deux cachent un secret. Bina, religieuse orthodoxe arrive pour voir son fils Uliel, gravement blessé dans l’attentat, qui a depuis longtemps rompu les liens avec sa famille. La jeune Amal, vient visiter son père mourant. Tandis qu’elles attendent et prient pour un miracle, elles se lient d’amitié, apprennent à se connaître et quand la vérité éclate au grand jour, elles luttent contre les circonstances qui les ont réunies.

 

 

 

Miya Hatav la réalisatrice



Est née dans une famille juive nationaliste. A 13 ans, elle commence à faire des films avec une camera vidéo. A 17 ans, elle réalise un premier « véritable » court métrage amateur. Elle a suivi une formation cinématographique à l’école « Ma’alé » à Jérusalem.Dans le cadre de l’école, elle a écrit, réalisé et édité un court métrage « Mika » en 2009 et a participé en tant que productrice à un court métrage « Yotam ». En 2017, elle est réalisatrice, scénariste et productrice de « Between worlds » son premier long métrage de fiction dont le scénario est largement inspiré de sa propre histoire.

 

 

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SCAFFOLDING (Echafaudages)

Matan Yair – 2017 – 1h28

Asher Lax, Ami Smolarchik, Yaacov Cohen, Keren Berger, Naama Manor.

 

Asher, 17 ans, a toujours été un élève perturbateur et impulsif, dissipé en cours et mû par la colère et la violence. Il est également doté d’un charme certain et d’une sagesse apprise dans la rue. Alors que son père le voit comme son successeur naturel de l’entreprise familiale d’échafaudage. Asher trouve en Rami, son professeur de littérature, un autre modèle masculin…

 

Asher Lax dans Scaffolding

Scaffolding, Ce mélange intéressant de fiction et de documentaire, inspiré de l’histoire vraie du protagoniste, l’acteur amateur Asher Lax, est un portrait émouvant et dynamique d’un jeune homme tiraillé entre les désirs de son père et sa vocation académique insufflée par son professeur.

Asher (Lax) est en dernière année de lycée et travaille pour son père Milo (Yacov Cohen), un homme pragmatique et sévère qui détient un commerce d’échafaudage. À l’école, le garçon participe au cours de littérature et d’histoire de Rami (Ami Smolarchik), un professeur âgé de 41 ans qui propose à ses élèves une méthode d’enseignement personnelle, inspirante et très populaire auprès des adolescents. L’examen d’entrée approche à grands pas et Asher peine à se concentrer sur ses études, car son père, qui devra bientôt subir une lourde opération, ne cesse de le réprimander parce qu’il ‘’étudie trop’’. Ce dernier insiste pour que son fils n’abandonne pas l’affaire familiale, pour laquelle il n’aura pas besoin d’interpréter Antigone.

Asher est un jeune homme impulsif et explosif, doté d’un grand sens de la justice et très débrouillard. L’enseignement de Rami l’inspire, mais il comprend le point de vue de son père, contre lequel il ne se rebelle pas pour devenir un érudit. Cependant, Asher, contrairement à son père, a conscience de la valeur de l’éducation ; mais suite à une tragédie inattendue, les choses se compliqueront davantage pour notre héros.

Yair, qui est lui-même enseignant dans un lycée, tire son histoire de sa propre expérience, lorsqu’Asher était l’un de ses étudiants. Il lui a d’ailleurs attribué le rôle principal, provoquant un effet déconcertant, car le protagoniste avait déjà 22 ans lorsque le film a été tourné, il a donc l’air plus vieux qu’un lycéen. Mais le jeune homme est un acteur naturel, il apparaît dans toutes les scènes et son énergie exaltée et ses yeux fébriles et cernés soulignent un trop-plein physique et émotionnel. Sa gestuelle sauvage et son intonation sonore reflètent parfaitement le personnage, ses doutes et ses tourments.

Le directeur polonais de la photographie Bartosz Bieniek, qui en est également à son premier long-métrage, a réalisé un travail excellent tant pour la représentation du comportement erratique d’Asher avec sa caméra à l’épaule que pour la composition des scènes passionnément structurées montrant Milo sur l’échafaudage. Le monteur Dov Steuer assemble habilement le tout avec un dynamisme concis et un rythme tendu, mais soutenu.

 

Matan YAIR



le réalisateur sera présent  mardi 3 octobre à 18h30

Né en 1977, il est réalisateur, scénariste, écrivain et professeur de lycée depuis 2005. Il a suivi des études d’histoire à l’université de Tel Aviv puis de Cinéma (écriture de scénarios) à l’ Ecole Sam Spiegel de Jérusalem. Ses récits (livres, scénarios) parlent  des adolescents, et se nourrissent d’éléments biographiques. Il a écrit un roman « une chambre à lui » ainsi qu’une thèse académique sur des adolescents.Ses films : en 2003, un moyen métrage : « Une chambre à lui », en 2008, un documentaire « d’après ta carte d’identité je suis ton père » et en 2017, un premier long métrage fiction   »Scaffolding » (échafaudage)

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HARMONIA

Ori Sivan – 1h38 – 2016 – Non distribué en France

Tali Sharon,  Alon Moni Aboutboul, Yana Yossef, Ali Suliman

 

Harmonia est l’adaptation contemporaine du triangle mythique entre Abraham et Sarah, couple sans enfants et la jeune Hagar. Sarah est harpiste au Philarmonique de Jérusalem et Abraham chef d’orchestre tout puissant. Quand Hagar, jeune corniste rejoint l’orchestre, elle noue une profonde amitié avec Sarah. Ressentant la douleur de Sarah de ne pouvoir être mère, Hagar lui offre d’avoir un enfant avec Abraham. Cette adaptation biblique se transforme en une confrontation entre Ben, le fils de 12 ans et ses deux mères.

Ori SIVAN

né en 1963 à San Francisco en Californie est un réalisateur  et scénariste israélien. Durant ses 20 dernières années de carrière, il a  travaillé sur des  longs métrages de fiction, des dramatiques télévisées et des documentaires. Il a reçu 11 Israeli Film Academy Awards. Il est le coauteur de la série télévisée In Treatment adaptée dans plusieurs pays et le réalisateur de Harmonia (2016).

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VALLEY

Sophie Artus – 2014 – 1h25

Naveh Tzur, Joy Rieger, Roy Nik, Maor Schwitzer

Dans une ville du nord d’Israël, nous rencontrons trois adolescents de 17 ans aux univers singuliers : Josh très perturbé, agressif, est attaché à son petit chien, Linoy rêve d’être actrice sans être soutenue et David, nouveau venu en ville, vit à travers les livres et la musique, et reproche à son père la mort de sa mère. Les trois adolescents sont confrontés à la violence chez eux et à l’école. Ils vivent dans un monde de cruauté et de beauté où le désir de mourir ou de vivre va marquer leur destin.

L’amour, la violence et l’amitié sont les principaux sujets abordés par Sophie Artus dans son premier long métrage, Valley, qui a remporté deux prix au Festival de Haïfa le mois dernier et qui était parmi les 18 titres sélectionnés en compétition au Festival Nuits noires de Tallinn.

David déménage avec son père dans une nouvelle ville. Il doit repartir à zéro, dans une nouvelle école, avec de nouveaux amis. C’est un jeune homme silencieux et timide dont la mère s’est suicidée, et qui utilise la musique et la lecture pour se retirer du monde. À l’école, il rencontre Josh, un gars arrogant  et intimidateur au début, mais fondamentalement bon. Son comportement découle de la violence psychologique et physique que son frère aîné lui inflige, c’est une manière de défouler sa colère sur les autres. Linoy, une autre camarade de classe, complète le trio des personnages principaux du film, mais quand elle tombe amoureuse de David, elle va devenir cause de discorde entre les deux amis, tous d’eux épris d’elle.

L’intrigue se déploie entre l’école, la maison de David et les bois. La musique, angoissante, intensifie l’atmosphère tendue qui règne dans le film. La violence ambiante va mener à un acte désespéré. The Valley décrit un monde dans lequel l’adolescence n’existe pas, car il faut grandir rapidement, et dans lequel des sentiments comme l’amour et l’amitié sont les seuls moyens d’évasion. Les images de violence sont fortes, mais entrecoupées de moments d’amitié et d’amour. Cet équilibre crée une expérience profondément touchante. Un film sincère et brutal.

 

INTERVIEW

 


Sophie Artus, DE L’ENSEIGNEMENT AU MONDE DU CINÉMA : LE PARCOURS ATYPIQUE D’UNE RÉALISATRICE ENGAGÉE

9 août 2016

 

Des années de professorat et d’observation de la jeunesse israélienne ont amené Sophie Artus à envisager une reconversion audacieuse. Dans le 7ème Art ! Son premier film est inspiré en grande partie de son expérience douloureuse dans l’enseignement. Emek narre ainsi le parcours chaotique de trois jeunes adolescents pris dans l’engrenage d’une violence qui gangrène leur quotidien. Dans la rue, à l’école, avec leur propre famille : ce sont les rapports de force qui prédominent, tout le temps.

Un premier long-métrage qui n’est pas passé inaperçu avec une jolie moisson de prix récoltés dans les festivals internationaux. Retour sur le parcours singulier de cette réalisatrice, passée de l’ambiance délétère d’un collège difficile où elle enseignait la biologie aux plateaux de cinéma.

Vous êtes arrivée en Israël il y a une vingtaine d’années. Quels étaient vos projets et ambitions à l’époque ? Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

Sophie Artus : Je suis arrivée en Israël en 1999. J’étais une petite jeune, étudiante et célibataire, avec un état d’esprit très enthousiaste ! J’ai fait une alyah assez spontanée et je me suis inscrite à l’Université Hébraïque de Jérusalem où j’ai entrepris des études pour obtenir une téoudat oraa (diplôme d’enseignement). Puis j’ai commencé un doctorat en neurobiologie.

Vous enseignez ensuite la biologie au collège. Vous vous retrouvez alors face à une jeunesse israélienne difficile à affronter au quotidien, avec de nombreux problèmes de violence. Avec le recul, d’où venait la faille selon vous ?  Du système éducatif ou d’une certaine démission des parents ?

S.A : Je veux d’abord préciser que les difficultés que j’ai éprouvées étaient notamment liées à mon parcours. Arrivée en Israël, je sortais de l’Université qui était un monde assez protégé. Quand j’ai obtenu mon diplôme et que j’ai voulu travailler, le premier poste que l’on m’a donné était dans une école difficile et je ne le savais pas. J’ai été choquée par l’attitude et l’agressivité des élèves. J’avais mes propres difficultés, qui étaient celles d’une ola ‘hadacha. Mon hébreu était ce qu’il était et je me suis retrouvée dans des classes très difficiles. Je ne savais pas comment m’en sortir. Je ne comprenais pas. Je ne savais pas comment gérer ça et je n’y arrivais pas. Il y avait beaucoup de violence verbale, et aussi physique, des bagarres, bref, c’était une épreuve. Petit à petit, j’ai compris d’où venait cette violence. Pour certains élèves, il s’agissait d’une violence présente à la maison et qui ressortait à l’école. Pour d’autres, elle était indirectement générée par le système scolaire israélien qui ‘met les enfants dehors’ à partir de 13h30. Pour les enfants dont les parents ont la possibilité de payer des activités extra-scolaires, tout va bien. Mais les autres se retrouvent livrés à eux-mêmes et vivent beaucoup dans la rue.

Sur quarante-cinq minutes de cours, si j’arrivais à enseigner dix minutes, c’était déjà pas mal !

Quels étaient les défis auxquels vous étiez confrontée au quotidien ? Est-ce qu’il s’agissait de suivre coûte que coûte votre programme ou d’essayer d’abord de comprendre les difficultés de vos élèves en adaptant votre enseignement à la réalité ?

S.A : Ça n’était pas possible de suivre le programme. Et puis, aussi, les directives étaient claires : sur quarante-cinq minutes de cours, si j’arrivais à enseigner dix minutes, c’était déjà pas mal ! On n’attendait pas de moi que je fasse le programme, mais que je tienne les élèves. Il fallait tenir chaque heure ! Donc forcément, c’était adapté à la réalité. Et puis, il s’agissait de classes nombreuses, trente à trente-cinq élèves. S’occuper de chaque cas prenait du temps. Il y avait, à ce moment-là, un manque de moyens et de possibilités pour gérer des situations pareilles, surtout pour une prof qui débutait. Je n’étais pas la seule d’ailleurs dans ce cas. Et je ne me suis pas sentie soutenue par le directeur de l’école. J’avais certes mes propres difficultés, mais le problème était global.

Quel est le tournant décisif qui vous fait aller vers le cinéma ?

S.A : Je ne l’ai pas cherché consciemment mais je sentais que je ne pouvais pas continuer dans l’enseignement. Pas dans ces conditions-là. C’est sans parler du salaire, très bas pour un professeur débutant….  En France, je faisais du théâtre. Mais arrivée en Israël, la barrière de la langue a freiné ma passion. Un peu par hasard j’ai trouvé un cours à Na’hlaot qui apprenait aux gens à filmer, à faire de petits reportages, et j’ai intégré ce groupe. J’ai fait un premier court-métrage sur les colocataires avec qui je vivais à l’époque, qui a connu un certain succès et qui a été apprécié. Il est passé sur une chaîne de télévision. Je me suis sentie bien. J’aimais ça et j’ai décidé de changer de métier et de passer au cinéma. Je suis partie à Tel-Aviv pour étudier dans ce domaine et j’ai continué à enseigner pour gagner ma vie. Mon objectif était vraiment de passer au cinéma, et c’est ce que j’ai fait.

Mon cas était atypique : j’étais  une prof de biologie qui voulait faire du cinéma !

De votre passage à l’Université de Tel-Aviv pour étudier le cinéma, quels souvenirs gardez-vous ? Dans quelle mesure cela a-t-il été formateur pour la suite ?

S.A : Tout d’abord, cela m’a apporté une crédibilité. Parce que mon cas était atypique : j’étais une prof de biologie qui voulait faire du cinéma ! Après ces études, je n’avais plus besoin de justifier tout ce que j’avais fait auparavant, qui j’étais, d’où je venais, etc…

Comment monte-t-on un premier film en Israël ? Et sur ce type de projet, de sujet, avez-vous rencontré en pré-production des réticences, des frilosités ?

S.A : Bien sûr que j’en ai rencontrées mais je pense que c’est propre à tous les cinéastes. C’est difficile justement parce que les moyens sont limités. En tant qu’étudiante, j’ai pu réaliser des court-métrages.  Puis, quand j’ai écrit le scénario d’Emek, j’ai d’abord reçu une aide du Keren HaKolnoa (fonds de soutien au cinéma), et ensuite j’ai

trouvé un producteur qui a aimé le projet et qui m’a prise un peu sous son aile. Pour monter un film en Israël, on est obligé d’obtenir le soutien d’une fondation du cinéma. Il y en a plusieurs. Le processus est assez long, mais si le projet est retenu, on peut être financé à hauteur de 50 % du budget du film. Il faut alors chercher d’autres sources de financement, auprès des télés, par exemple. Il faut trouver la patience et le courage, mais pour moi cela s’est passé relativement bien. Concernant le sujet du film, je n’ai pas rencontré de réticences. Au contraire, les décideurs qui accordaient le financement ont compris qu’il y avait là un angle important.

Y-a-t-il des films références qui vous ont inspirée pour ‘Emek’ ? Qui ont provoqué votre désir de cinéma ?

S.A : Il y en a beaucoup. Pendant l’écriture, je pensais au film ‘Elephant’, une œuvre assez connue qui a obtenu la Palme d’Or au Festival de Cannes en 2003 (sur un massacre commis dans un collège américain par un adolescent, ndlr). Ça n’a rien à voir avec mon film mais il y a cette même tension, on sait que quelque chose de dramatique va arriver. C’est aussi une histoire qui se passe dans une école, où des jeunes arrivent à s’introduire avec des armes. Par exemple, ‘La Haine’, de Mathieu Kassovitz, est aussi un film qui m’a inspirée. Le sujet est proche. Et là aussi, comme dans Emek, l’action se déroule en périphérie.

 

Dans votre film, il y a ce thème récurrent que vous creusez d’une adolescence en souffrance, avec des personnages sur le fil du rasoir, écorchés vifs. Comment avez-vous travaillé sur le plateau pour mettre les jeunes acteurs interprétant Josh, Linoy et David en condition ?

S.A : Bien avant le tournage, je me suis portée volontaire pour aller enseigner dans l’école où j’ai filmé Emek. J’y ai donné un cours sur le jeu d’acteur et cela m’a permis de m’imprégner d’une ambiance, même si mes élèves ne ressemblaient en rien à mes personnages. J’ai pu tester mon scénario, voir si ça parlait aux jeunes. Le vrai travail se fait au moment du choix de l’acteur, pendant les auditions. C’est important, car il faut savoir choisir les bons interprètes. Il y avait beaucoup d’acteurs excellents mais je cherchais des profils particuliers. J’ai emmené ensuite mes comédiens avec moi à Migdal HaEmek. On a vu l’école. Je voulais qu’ils ressentent le rythme et l’ambiance de l’endroit, de cette ville. On a fait ensuite beaucoup de répétitions et d’improvisations. Même si elles n’ont pas été gardées dans les prises, cela les a beaucoup aidés. Ce sont des acteurs doués, très impliqués, qui croyaient à l’histoire, aux personnages. C’était, pour tous, leur premier film au cinéma et ils voulaient donc donner le maximum d’eux-mêmes.

Comment avez-vous appréhendé l’accueil du public et de la critique en Israël ?

S.A : Avant même que le film ne sorte, il a été d’abord dans beaucoup de festivals à l’étranger. En Israël, il a aussi été sélectionné au Festival de Haïfa où j’ai gagné le Prix du Meilleur Premier Film et le Prix du Meilleur Acteur et d’autres prix ont suivi à l’étranger. Je savais que le film parlait aux gens, les sensibilisait, les faisait réfléchir.

C’est sûr qu’être ola ‘hadacha est une difficulté en soi. Parce que finalement, on arrive un peu de nulle part

Quels sont vos prochains projets ? Y a-t-il des rôles, des thèmes que vous souhaiteriez aborder aujourd’hui en tant que réalisatrice ?

S.A : Je suis assez intéressée par le thème du social en Israël. Mon film ‘Emek’ est dans cette veine et le prochain projet sur lequel je travaille en parle aussi, mais pas chez les jeunes. Du point de vue de la narration, ce sera assez différent et le ton sera aussi plus léger.

Que conseilleriez-vous à une personne qui souhaiterait réaliser son premier film ? Qu’est-ce qui vous semble essentiel pour mener un projet à bien en Israël ?

S.A : En ce qui me concerne, je veux continuer à faire des films en Israël et à tourner en hébreu. C’est sûr qu’être ola ‘hadacha est une difficulté en soi. Parce que finalement, on arrive un peu de nulle part. Mais je n’ai jamais senti que je n’irais pas au bout du projet à cause de ça. Pas du tout. C’est néanmoins difficile de s’intégrer, et le fait est qu’il y a très peu de cinéastes olim ‘hadachim qui font partie de ce milieu-là. Mon conseil, c’est qu’il faut faire preuve de beaucoup de patience. Le choix du sujet et du film doit être au plus proche du réalisateur. Choisir un sujet, une histoire à laquelle on croit, et qui semble même vitale à faire, et tenir bon. Parce que ça peut prendre quatre, cinq ou six ans pour faire un film ! Il faut pouvoir garder son énergie jusqu’à la fin, quelle que soit l’étape, avec les financiers, les producteurs, les acteurs, au montage… Cette force, il faut la conserver, sinon on ne peut pas arriver jusqu’au bout.

 

 

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BABA JOON ( cher papa)

Yuval Delshad – 1h31 – 2015 – Non distribué en France

Asher Avrahami, Viss Elliot Safavi, David Diann, Raphael Eliasi

Yitzhak dirige l’élevage de dindes que son père, émigré d’Iran en Israël a construit de ses propres mains. Quand son fils Moti atteint l’âge de 13 ans, il lui enseigne le métier, espérant qu’il va poursuivre la tradition familiale. Mais Moti est passionné par la transformation d’épaves de voitures. Yitzhak prend comme une offense personnelle ce refus de prendre la suite. Bien qu’il l’aime profondément, il impose son choix à son fils. L’arrivée de Darius, oncle d’Amérique déclenche une série d’évènements qui vont mettre en péril l’harmonie de la famille. Yitzhak découvre que son fils est aussi obstiné que lui : le conflit est inévitable.

 

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Le film israélien Baba Joon, sélectionné pour les Oscars

Baba Joon : un film israélien tourné en langue persane par le réalisateur iranien Yuval Dasjad. Il raconte l’histoire d’une famille d’immigrants juifs en provenance d’Iran. Projeté au Festival international du film de Toronto 2015, il a remporté le prix du meilleur film aux Ophirs du cinéma et sera présenté pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère à la 88ème cérémonie des Oscars de 2016.

 

LE PARISIEN EN PARLE :

« Baba Joon », le plus iranien des films israéliens

 

Israël et l’Iran se menacent régulièrement du pire et se rendre chez l’un ou chez l’autre est interdit par la loi: pourtant, pour la première fois de l’histoire du cinéma dans l’Etat hébreu, un film vient d’y être intégralement tourné… en persan !Avec « Baba Joon », Youval Delshad, réalisateur israélien d’origine iranienne, lance un pied de nez à l’étanchéité affichée par les deux régimes ennemis en utilisant le persan, ou farsi, de bout en bout de son film et en faisant jouer des acteurs juifs israéliens et musulmans iraniens –en exil.Mais malgré le contexte diplomatique et international explosif, « Baba Joon » ne recèle aucune référence politique. Il se concentre sur le huis clos poétique d’une famille de juifs iraniens installée dans une ferme du sud d’Israël. Sous le même toit, le grand-père « Baba Joon », surnom affectueux en farsi, les parents et leur fils unique nourrissent les uns pour les autres des rêves peu compatibles: le grand-père a transféré sa ferme de volailles d’Iran en Israël, son petit-fils Motti s’en désintéresse avec tout l’acharnement propre à l’adolescence et le père Yitzhak est coincé entre les deux.L’enfant y est interprété par Asher Avrahami, juif israélien de 13 ans dont les parents sont d’origine iranienne. Il ne parlait pas farsi et n’avait jamais mis les pieds sur un plateau de cinéma avant le tournage. Le père est joué par Navid Neghaban, acteur musulman né en Iran et désormais installé aux Etats-Unis. Il est connu du public pour avoir incarné à l’écran le terroriste Abou Nazir dans la série américaine à succès Homeland. »Sur le tournage, je disais +coupez+, ils allaient tous s’asseoir dans un coin et je les voyais chanter et danser sur de la musique traditionnelle iranienne, se parler de leurs régions d’origine. Grâce à la culture iranienne, à ce lien iranien, ils se sont rapprochés si vite, ils ont formé une famille, celle que l’on voit dans le film et c’est ce que je voulais », explique à l’AFP M. Delshad, 43 ans, qui signe ici sa première fiction. – ‘Ma génération verra l’Iran’ -Seules quelques répliques en hébreu rappellent que l’action se déroule en Israël, mot qui n’est pas prononcé une seule fois dans l’heure et demie que dure le film qui a remporté en septembre l’ »Ophir » de la meilleure photographie, l’équivalent des Oscars israéliens.Les paysages brouillent aussi les pistes. Le réalisateur a arpenté à moto pendant des semaines les chemins caillouteux du sud d’Israël à la recherche de collines arides qui pourraient évoquer la campagne iranienne.Parce que le conflit de génération « est international, je voulais que le film soit international, que personne ne puisse dire: ça c’est israélien, ça c’est iranien », affirme le réalisateur.Avant la révolution islamique de 1979, entre 80.000 et 100.000 juifs vivaient en Iran, principalement à Téhéran, Ispahan et Mashad. En 2011, ils n’étaient plus que 8.756, la grande majorité ayant immigré aux Etats-Unis et en Israël. La première génération immigrée en Israël a maintenu un lien culturel fort et pétri de nostalgie avec l’Iran, où le séjour d’Israéliens est interdit par les lois israélienne et iranienne. »On a eu des milliers de commentaires sur notre page Facebook d’Iraniens qui veulent voir le film, qui se disent fiers qu’un réalisateur israélien d’origine iranienne ait fait un film dans leur langue », assure Youval Delshad qui espère que les Iraniens parviendront à le « pirater sur internet ».Il s’est aussi forgé la conviction qu’à défaut de pouvoir projeter son film en Iran, il pourra un jour se rendre dans le pays de ses parents. »Ma génération verra l’Iran, ce n’est qu’une question de temps », assure-t-il, arguant qu’un « printemps iranien » est inévitable. « Quand je pourrais y aller, je peux vous assurer que j’y serai beaucoup, je n’irai d’ailleurs probablement plus dans aucun autre pays », veut-il croire. 

AFP

 

Yuval DELSHAD


Yuval Delshad est un réalisateur israélien d’origine iranienne. Il a réalisé les documentaires suivants :  Regards from the War, Lockup Family, The Battle Over the Soul qui a remporté le prix du meilleur documentaire au Festival du film juif de Chicago. En 2015, il connaît une certaine notoriété grâce à son film  « Baba Joon », le premier film israélien de langue persane . Il a été projeté dans la section Contemporary au World Cinema Festival international du film de Toronto en  2015. Il a remporté le prix du meilleur film aux Ophirs du cinéma 2015.



Pères et fils

Par Daniel Lundh | L’Arche | 24/03/2016

Rencontre avec Yuval Delshad, auteur et réalisateur de Baba Joon, ouvrant le Festival du Cinéma israélien de Paris le 29 mars et nommé aux Oscars.

L’Arche : Vous venez du documentaire, pourquoi et comment avez-vous choisi ce sujet, pour votre première fiction ?

Yuval Delshad : Mon dernier documentaire remonte à plus de dix ans et, depuis, la télé-réalité a pris le dessus. Quelque chose a changé avec le documentaire, car les gens commencent à être conscients de la caméra, du montage, du rendu. Cela me semblait de moins en moins réel. Je me suis dit que je devais basculer vers le cinéma car, bien que ce soit du jeu, je peux raconter ma vérité, avec exactitude. Quand j’ai commencé à rechercher mon histoire, je voulais trouver l’histoire à l’intérieur de moi-même, car c’est là que je peux être meilleur. Je serai incapable de diriger quelque chose sans y être connecté émotionnellement. Il y avait beaucoup d’évènements et d’éléments dans mon enfance que je voulais raconter. J’ai donc choisi cette histoire, en réunissant de nombreux souvenirs, pour pouvoir la raconter.

 

Comment les jeunes du monde entier, Israël inclus, peuvent-ils trouver un équilibre entre la richesse de leur héritage, de la tradition, et en même temps pouvoir s’émanciper, sans tout rejeter d’un bloc ?

Ce sera toujours un conflit. Il s’agit de deux forces qui s’opposent, deux directions différentes. Comme dans le film, le grand-père représente la vieille génération. Comme cette génération-là a quitté sa terre d’origine, il leur sera toujours difficile de se sentir reliés à la nouvelle culture. Ils se sentent plus à l’aise avec leur culture de naissance, en l’occurrence iranienne. Même s’ils partent pour les endroits les plus somptueux, comme la communauté iranienne de Los Angeles, à Beverly Hills, ils sont toujours en quête d’identité et ont du mal à se sentir connectés. Tout comme ici, en Israël. Alors, ils essayent de conserver leur culture de base, mais la jeune génération n’en veut pas forcément, car ils vivent ici. Ils n’ont pas de racines ailleurs. L’équilibre se trouvera en eux, dans chaque famille. Et parfois, j’observe des jeunes imiter la culture de leurs parents. En Israël, certains jeunes d’origine iranienne vivent à la mode des anciens. Cela arrive, et ça se passe bien. Mais souvent, il y a des conflits où la relève se rebelle. Cela se produit dans le monde entier, en France aussi, notamment autour de la question des réfugiés. Quand on est un immigrant, il est toujours difficile de se sentir relié au nouveau lieu. Et plus la culture est différente, plus le conflit est grand.

 

Croyez-vous qu’il y ait un risque de perdre la culture, que ce soit par la disparition de la langue, la nourriture, la musique, l’humour… ? Comment ne pas tendre vers une homogénéité totale ?

Dans une scène de mon film, lorsque l’enfant chante en persan à son grand-père, il ne se rebelle pas contre la tradition. Si vous lui demandiez, gardes-tu tes traditions, il vous répondra oui. Mais ce qu’il fera de sa propre vie sera différent. Mon opinion est qu’il est préférable de conserver certaines de ses racines, de ses valeurs, cet héritage, mais pas dans sa totalité. Car quand on change de lieu, de pays, bien souvent tout ne correspond pas à ce nouvel endroit, à une certaine modernité. Il faut donc savoir s’adapter, transformer, sans pour autant tout abandonner. Je suis israélien, mais je conserve certaines choses de la culture iranienne. J’en aime sa musique, sa nourriture, ses valeurs familiales. On ne peut être déconnecté, car c’est dans nos gênes. On peux bouger, mais il faut savoir s’adapter, être flexible. Choisir ce qui est bon pour nous, ce qui nous plaît, si cela correspond au nouvel endroit.

 

Dans votre film, c’est le métier qui cherche à être imposé d’une génération à l’autre.

Oui, juste le métier. Lorsque j’ai débuté mon scénario, il y a huit ans, j’étais célibataire. Après quelques années, je l’ai terminé, mais il ne me semblait pas tout à fait au point. Je sentais que si je devais faire un film sur la relation père-fils, je me devais d’être un père moi-même, pour comprendre le point de vue du père. Puis, je suis devenu père… Et le script a changé ! Il est devenu plus compréhensif à l’égard du père et de sa position.

 

Vous étiez plus négatif auparavant ?

Oui, plus négatif à l’encontre du père, comme un garçon en rébellion. Mais je sentais que ce n’était pas bien d’être uniquement dans cette démarche-là. Je voulais comprendre l’autre, son point de vue, comme c’est nécessaire dans tout conflit. C’est seulement ainsi que nous pouvons résoudre les choses. Comme ici, avec les Palestiniens. Si nous pou- vons juste comprendre leur point de vue, nous serons plus à même de trouver des solutions. Avec mon script, lorsque je suis devenu père, j’ai tout réécrit car j’ai compris le point de vue du père. J’ai compris que lorsque mon fils va grandir, je voudrais qu’il soit au mieux de ce que je crois possible. Mais ce que je lui souhaite, c’est ce que je veux. Et lui, alors ?! Ses souhaits à lui ? Il commence à désirer, à vouloir des choses. Je veux ceci, cela… Même s’il est encore tout petit. Mais je comprends que le père, ainsi que le grand-père, aient leur point de vue. Le grand-père ne parle pas beaucoup mais il voit tout. Il veut s’assurer que la génération suivante reprenne la ferme avant sa mort. Si c’est le cas, il aura réussi à leur construire une bonne vie.

 

Il y a plusieurs scènes marquantes, dont celle où l’oncle, qui est adulte depuis longtemps, se retrouve confronté à son père. On croirait que rien n’a bougé depuis l’enfance.

Oui, j’ai beaucoup travaillé cette scène, afin que le spectateur ressente que ce sont deux enfants, face à un père qui leur dit encore quoi faire. L’oncle, qui est parti en Amérique, paye le prix de sa liberté, de par sa solitude. Cette famille lui manque, il revient la voir, mais se rend vite compte que rien n’a changé.

 

Parlez-moi des deux scènes qui se déroulent à la synagogue.

Il s’agit de la prière du « Birkat Ha Cohanim » (la bénédiction des Cohen). Les pères de l’assemblée doivent recouvrir la tête de leurs enfants avec le talit. Tandis que les Cohen les bénissent, les pères bénissent leurs enfants à leur tour. Je suis fils unique et je me souviens de mon père qui me recouvrait la tête ainsi. Dans la première scène, le grand-père béni le père, qui lui-même bénit son fils. Mais la seconde fois, le fils étant absent, le père n’a plus personne à bénir. Ce moment, sous le talit, est très intime. C’est pourquoi je l’ai choisi pour faire ressurgir le conflit entre les deux frères. Personne ne les entend, seul Dieu est leur témoin. Alors, ils parlent vrai.

 

Il dit ces paroles très fortes : « Je ne veux pas d’enfant car, si j’en avais un, je serais probablement le même père que toi. »

Oui. Il ne veut devenir, ni comme leur père, ni comme son frère.

 

Mais le personnage du père a bon cœur, c’est un homme bon. Il ne fait que reproduire le schéma.

Oui, il est comme tiraillé au milieu, entre les deux. Il veut une bonne vie pour son fils mais, son père, qui vit avec eux, impose sa loi. Même en silence, juste par sa présence. Le pouvoir qui se dégage du grand-père n’a pas besoin de s’exprimer par les mots, car il habite la maison et il sait ce qu’il veut.

 

Le petit garçon est superbe. Ses silences en disent long sur son ressenti.

Oui, vous savez, ce n’est pas un acteur. Il s’appelle Asher Avrahami. Il vient du même village que moi, près d’Ashkelon. Quand je l’ai vu, je me suis dit, c’est lui. Car il était comme moi, à son âge. Je ne lui ai pas appris à jouer, mais à être lui-même. Quand on dit « action », tout le monde se met à jouer, ou à changer d’humeur. Alors je lui ai demandé de me raconter un incident où il avait pleuré pour un copain à lui. En me la racontant, il était animé par les sentiments. Je lui ai dit, tu vois ce qui se passe quand tu me racontes ton histoire, c’est ça que je veux. Reste toi-même et tu seras libre.

 

La dernière scène est très forte quand, à son tour, le père appelle son fils Baba Joon. Que signifie-t-elle ?

Baba veut dire père. C’est aussi une marque de respect. Ainsi, lorsque le père appelle son fils Baba Joon. Il lui offre cette marque de respect et le voit comme un homme à part entière. J’ai beaucoup voyagé avec mon film et ce conflit central père-fils a résonné avec un public du monde entier. C’était incroyable, j’ai reçu des témoignages très touchants après les projections. De jeunes, qui me disaient que leur père les avait encouragés à voir le film, leur assurant qu’ils le comprendraient mieux. Chaque pays avait une lecture sensiblement différente, en fonction de sa culture. En Inde, par exemple, on comparait la vie citadine, incarnée par l’oncle, à celle de la campagne. Le dilemme qui consiste à rester près de la terre, de sa culture, ou d’y renoncer pour une autre vie. C’était très intéressant.

 

Une anecdote ?

Ce tournage célébrait aussi la première fois qu’un film réunissait des acteurs iraniens, juifs et musulmans. Certains sont venus de Londres, d’autres de Los Angeles. Ils sont tous venus en Israël pour jouer dans un film israélien. Cela a créé un buzz et j’ai ainsi découvert de nombreux articles concernant mon film sur des sites internets iraniens. C’était agréable à voir !

 

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AVIVA MON AMOUR

Shemi Zarhin - 2006 – 1h47

Asi Levi, Sasson Gabaï, Rotem Abuhab, Levana Finkelstein

Aviva, travailleuse acharnée dans les cuisines d’un hôtel de la petite ville de Tibériade, est à deux doigts de réaliser le rêve de toute sa vie. Pendant des années, elle a réfréné ses remarquables capacités d’écriture, jusqu’à ce que sa soeur, Anita, la présente à Oded, romancier très connu. Le talent d’Aviva est tout de suite perçu par Oded qui la prend sous son aile, lui promettant de l’aider à se perfectionner. Mais cette nouvelle aventure affecte la vie d’Aviva et celle de sa famille. Très vite, elle découvre qu’Oded a d’autres projets pour son travail et son monde s’effondre.

 

 

Réalisateur Shemi Zarhin

est né en 1961 en Israël à Tiberias. Il est écrivain et réalisateur. Ses principaux films sont : Bonjour Monsieur Shlomi (2003), Aviva mon amour(2006) et De douces paroles (2015).

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HILL START

Oren Stern – 2014 – 1h32 – Non distribué en France


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Shlomo Bar Aba, Mali Levi Gershon, Itay Tiran, Idit Teperson, Rotem Zisman-Cohen

Dans cette comédie revigorante et provocatrice, au casting truffé de grands comédiens israéliens, une famille bourgeoise de Jérusalem est prête à exploser sous le poids d’un père autoritaire. Nous croisons tour à tour un fils soumis, une mère dans le coma, une fille « fleur bleue » et célibataire, une future belle fille hystérique, des chirurgiens plasticiens, un coach de marathon en fauteuil roulant, une instructrice d’auto-école et une grande star du cinéma arabe…

Bande annonce st anglais : hill-start

Oren Stern réalisateur

Hill start est son premier long métrage fiction. Il a réalisé 2 téléfilms et un court métrage. Il travaille dans une société de production pour la télévision.


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ENCIRCLEMENTS

Lee Gilat – 2014 -  98 min

Lior Ashkenazi, Asi Levi, Agam Ozalvo, Uri Gabriel

Quand Aharon Ninio, garçon solitaire de 13 ans dont les parents n’ont pas pu avoir d’autres enfants est choisi pour porter la Torah pendant la célébration de Simchat Torah, il sent que sa vie va s’améliorer. Mais ce choix honorifique met à jour des tensions anciennes entre ses parents. Ce rituel joyeux se transforme en combat menaçant pour ce garçon prêt à tout pour ne plus être utilisé comme intermédiaire entre ses parents.

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AU DELA DES MONTAGNES ET DES COLLINES

EN AVANT-PREMIERE (sortie nationale 2018)

Eran Kolirin ( la visite de la fanfare) 2017

Acteurs :  Alon Pdut, Noam Imber, Yoav Rotman, Mili Eshet, Shiree Nadav Naor             

Il était une fois dans le nouvel Israël : un père qui, après avoir servi 22 ans dans l’armée, cherche une reconversion ; une mère professeure de lettres qui, délaissée par son mari, est attirée par un de ses élèves ; une fille, lycéenne engagée, qui rencontre un palestinien qui va bouleverser sa vie ; un fils en pleine crise d’adolescence, qui se confronte à la violence des réseaux sociaux. Portrait d’une famille israélienne en perte de repères.

 

 

INTERVIEW de Eran KOLIRIN ( en anglais) : watch?v=hwLo4y8CSkg

 

 

 

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MOUNTAIN

De Yaelle Kayam – 2015

Une co-production Israël-Danemark, avec Shani Klein (Zvia), Avshalom Pollak (Reuven), Haitham Ibrahem Omari (Abed)

Zvia (Shani Klein), une jeune femme juive religieuse orthodoxe, vit avec son mari et ses quatre enfants dans une maison située au milieu du grand cimetière juif du Mont des Oliviers, à Jérusalem. Cette habitation a été choisie par un époux autoritaire et trop pieux pour comprendre qu’elle est totalement inappropriée pour une si jeune famille. La mort qui habite le cimetière, accompagnée de ses malheurs – la pauvreté, l’alcoolisme, la prostitution – vont progressivement séduire, puis corrompre Zvia, enfermée chez elle, seule, avec pour seul horizon des tombes, le jour, et des squatteurs ivrognes, la nuit…

Le premier long-métrage de la réalisatrice israélienne Yaelle Kayam, est une fable cinglante sur le destin, la condition féminine, l’enfermement, la sexualité, la mort. Tout cela presque sans violence, ni sans tomber dans aucun cliché, ce qui est un tour de force.

Ce film sans concessions est servi par la superbe performance de Shani Klein, déjà très remarquée pour ses rôles dans « Zéro Motivation » (2015) et la série télévisée « Sirènes » (2014-2016).

On s’émeut des tentatives (hélas, toutes vouées à l’échec) de communication de la jeune femme : une conversation triviale avec des dames qui demandent à utiliser ses toilettes, une autre avec une ancienne voisine, avec une prostituée,  un ouvrier  à qui elle lit un poème… Chaque tentative d’expression de soi, d’échappatoire, de contact avec le monde vivant ne récoltera que frustration et humiliation. Comme une souris de laboratoire dans son labyrinthe, Zvia avance inéluctablement vers un dénouement extrême.

Fidèle à l’identité du cinéma israélien moderne, « Mountain » est une critique honnête, sans violence, mais sans concession du monde juif ultra-orthodoxe israélien, excessivement patriarcal, archaïque, où la place de la femme est inexistante en dehors de ses rôles de mère et de femme au foyer. Mais il pose aussi un regard sans compromis sur les vices de la société israélienne contemporaine, qui sont les mêmes que partout ailleurs dans le monde. Un film complexe, émouvant, déstabilisant, qui oblige à la réflexion.

« Mountain » a été sélectionné aux festivals du film de Venise, de Toronto. Son film précédent « Diploma » (2009) avait été sélectionné au festival de Cannes.

 

 

 

LA PRESSE EN PARLE

Le Monde

par Jacques Mandelbaum

« Mountain », premier long-métrage de l’Israélienne Yaelle Kayam, est un film remarquable. Il témoigne, une nouvelle fois, de la volonté du cinéma d’auteur israélien de se saisir d’un univers ultra-religieux qui représente une part de plus en plus visible et active de la société israélienne.

Les Fiches du Cinéma

par Roland Hélié

Premier film de Yaelle Kayam, “Mountain” met brillamment en scène la souffrance d’une femme en proie au désir et à la frustration.

L’Humanité

par Vincent Ostria

Un processus inexorable s’engage, dont la teneur du climax sera laissée à l’appréciation du spectateur. Élégante manière de clore une fable politiquement et moralement cinglante.

La critique complète est disponible sur le site L’Humanité

Le Figaro

par Etienne Sorin

Un premier long-métrage étrange et beau de l’Israélienne Yaelle Kayam.