DE DOUCES PAROLES

COUP DE PROJECTEUR sur Sasson GABAI

Shemi Zarhin  – 2015 – 118 mn

Avec Rotem Zissman-Cohen (Dorona) , Tsahi Halevi (Ricki) , Roy Assaf, Sasson Gabai, Levana Finkelstein

Dorona, 35 ans, n’arrive pas à accomplir son voeu le plus cher, celui de devenir mère. Refusant mordicus d’adopter un enfant, elle s’enfonce dans la déprime et devient agressive vis-à-vis de son mari. Quand sa mère décède brutalement, elle apprend que l’homme qu’elle croyait son père ne l’était pas. En fait, Dorona est le fruit d’une liaison passionnée avec un ancien amant algérien. Avec ses frères, elle tente de lever le voile sur leurs origines et de retrouver la trace de leur père biologique. C’est alors que celui-ci débarque sans crier gare dans leur vie. Une démarche qui les bouleverse…
BANDE ANNONCE  :

Critique lors de la sortie en salle le 25/05/2016 de Cécile Mury TELERAMA

Chronique d’un moment clé dans la vie d’une famille. A Jérusalem, Dorona et ses deux frères, tous trentenaires, voient leur mère tomber malade, puis mourir. Avec le deuil vient la révélation d’un secret dont ils vont chercher les racines jusqu’en Europe… C’est une sorte de double film : le premier, âpre, tendre, nerveux, se déroule en Israël, juste avant le décès maternel. Le réalisateur se concentre sur Dorona, au caractère abrasif et emporté, notamment sur ses problème de couple. Un beau personnage, à la fois solide et paumé, qui nous sert de guide dans son clan disparate : mère mystérieuse et farfelue, père remarié et rejeté, frangins adorés aux mille chamailleries…

Du quotidien au drame (quelques instants pris sur le vif, à l’hôpital), chaque scène, courte, sobre, sonne juste, interprétée par des comédiens inspirés. Quand la fratrie débarque en France, le « second film » ne manque ni de vivacité ni d’humour, toutefois il perd un peu de son intensité : la quête d’identité est plus romanesque, mais, hélas, plus convenue.