LE COCHON DE GAZA

COUP DE PROJECTEUR sur Sasson GABAI

LE COCHON DE GAZA – 2011 – Film français

Sylvain Estibal – 1h39

 


Sasson Gabai, Baya Belal, Khalifa Natou, Myriam Tekaïa, Gaban Abbas, Uri Gabai

Après une tempête, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, remonte par hasard dans ses filets un cochon vietnamien  tombé d’un cargo. Bien décidé à se débarrasser de cet animal impur, il décide toutefois d’essayer de le vendre afin d’améliorer son existence misérable.  Tiraillé entre sa foi musulmane, son  envie d’améliorer la vie de son épouse, payer ses dettes et la réalité du conflit, Jaafar décide d’entreprendre avec son cochon un commerce des plus insolites avec une jeune colon russo-israélienne, Yelena. En effet celle-ci élève des cochons et n’ayant plus de cochon mâle, demande à Jaafar de lui apporter la semance de son cochon. Cependant ses coreligionnaires découvrent ce qu’il a fait et on lui donne à choisir entre mourir en traître ou mourir en martyr.

 

BANDE ANNONCE : https://www.youtube.com/watch?v=fCldcPLxS8E

 

 

Dans cette tragi-comédie, l’ensemble du petit peuple de Gaza, coincé entre sa misère absolue au quotidien, les contraintes des militaires Israéliens et le diktat des barbus aux commandes, est représenté par ce pauvre pêcheur dont l’unique souci est de survivre au jour le jour et qui, pour cela, est prêt à tout. Jafaar, dans une permanente dérision de lui-même, même dans les moments tragiques, évolue dans cette histoire à l’humour mordant… et nous laissera espérer que si l’on peut s’entendre, malgré toutes les différences, à l’échelle individuelle, on peut s’entendre in fine, à l’échelle collective.

Le film a été tourné à Malte et Cologne.

En raison du sujet, que certains jugeaient polémique, Sylvain Estibal a mis plusieurs années à monter le film.

 

Critiques

Dans ce film inégal, mais rigolo, on aime surtout les moments où le message pacifiste, généreux, mais par moments encombrant, se pare d’humour : un soldat israélien armé jus­qu’aux dents et l’épouse muette du héros (elle refuse d’adresser la parole à l’ennemi envahisseur) regardent ensemble une série brésilienne aux tourments psychologiques inextricables. « Ça va s’arranger ! » mur­mure alors le jeune soldat qui, visiblement, a quelques épisodes d’avance. Avant d’ajouter à la cospectatrice, médusée : « Si de pauvres malheureux comme eux s’en sortent, pourquoi pas nous ? »… Pierre Murat

Récompenses

  • Festival international du film de Tokyo 2011 : Audience Award
  • César du meilleur premier film en 2012