MOUNTAIN

De Yaelle Kayam – 2015

Une co-production Israël-Danemark, avec Shani Klein (Zvia), Avshalom Pollak (Reuven), Haitham Ibrahem Omari (Abed)

Zvia (Shani Klein), une jeune femme juive religieuse orthodoxe, vit avec son mari et ses quatre enfants dans une maison située au milieu du grand cimetière juif du Mont des Oliviers, à Jérusalem. Cette habitation a été choisie par un époux autoritaire et trop pieux pour comprendre qu’elle est totalement inappropriée pour une si jeune famille. La mort qui habite le cimetière, accompagnée de ses malheurs – la pauvreté, l’alcoolisme, la prostitution – vont progressivement séduire, puis corrompre Zvia, enfermée chez elle, seule, avec pour seul horizon des tombes, le jour, et des squatteurs ivrognes, la nuit…

Le premier long-métrage de la réalisatrice israélienne Yaelle Kayam, est une fable cinglante sur le destin, la condition féminine, l’enfermement, la sexualité, la mort. Tout cela presque sans violence, ni sans tomber dans aucun cliché, ce qui est un tour de force.

Ce film sans concessions est servi par la superbe performance de Shani Klein, déjà très remarquée pour ses rôles dans « Zéro Motivation » (2015) et la série télévisée « Sirènes » (2014-2016).

On s’émeut des tentatives (hélas, toutes vouées à l’échec) de communication de la jeune femme : une conversation triviale avec des dames qui demandent à utiliser ses toilettes, une autre avec une ancienne voisine, avec une prostituée,  un ouvrier  à qui elle lit un poème… Chaque tentative d’expression de soi, d’échappatoire, de contact avec le monde vivant ne récoltera que frustration et humiliation. Comme une souris de laboratoire dans son labyrinthe, Zvia avance inéluctablement vers un dénouement extrême.

Fidèle à l’identité du cinéma israélien moderne, « Mountain » est une critique honnête, sans violence, mais sans concession du monde juif ultra-orthodoxe israélien, excessivement patriarcal, archaïque, où la place de la femme est inexistante en dehors de ses rôles de mère et de femme au foyer. Mais il pose aussi un regard sans compromis sur les vices de la société israélienne contemporaine, qui sont les mêmes que partout ailleurs dans le monde. Un film complexe, émouvant, déstabilisant, qui oblige à la réflexion.

« Mountain » a été sélectionné aux festivals du film de Venise, de Toronto. Son film précédent « Diploma » (2009) avait été sélectionné au festival de Cannes.

 

 

 

LA PRESSE EN PARLE

Le Monde

par Jacques Mandelbaum

« Mountain », premier long-métrage de l’Israélienne Yaelle Kayam, est un film remarquable. Il témoigne, une nouvelle fois, de la volonté du cinéma d’auteur israélien de se saisir d’un univers ultra-religieux qui représente une part de plus en plus visible et active de la société israélienne.

Les Fiches du Cinéma

par Roland Hélié

Premier film de Yaelle Kayam, “Mountain” met brillamment en scène la souffrance d’une femme en proie au désir et à la frustration.

L’Humanité

par Vincent Ostria

Un processus inexorable s’engage, dont la teneur du climax sera laissée à l’appréciation du spectateur. Élégante manière de clore une fable politiquement et moralement cinglante.

La critique complète est disponible sur le site L’Humanité

Le Figaro

par Etienne Sorin

Un premier long-métrage étrange et beau de l’Israélienne Yaelle Kayam.