PAST LIFE

Avi Nesher – 1h49 6 2016 – Non distribué en France

Nelly Tagar, Joy Rieger, Doron Tavory


Deux sœurs vont plonger dans le passé obscur et mystérieux de leur père pendant la seconde guerre mondiale en Pologne. Inspiré de faits réels, Past Life raconte leur voyage en Europe dans les années soixante dix. L’une est une compositrice de musique classique et l’autre une combattante politique, rédactrice en chef d’un magazine érotique. En démêlant ce mystère qui a pesé sur leurs vies, elles vont s’apercevoir que la liberté se gagne au prix de nombreux sacrifices.

 

Avi Nesher évoque son dernier film, HaHataim, inspiré d’une histoire vraie

Une interview du François Truffaut israélien

September 18, 2016 17:27

«Ce que la vérité apporte à un scénario, c’est l’inattendu. Quand l’écriture n’est subordonnée à aucune règle, le fil de l’histoire coule de source. Hitchcock l’a dit avant moi : “Le cinéma, c’est la vie, les moments ennuyeux en moins”. »
Assis dans son bureau de Tel-Aviv, quelques jours avant la première mondiale de son dernier opus au Festival international du film de Toronto, Avi Nesher semble aussi excité qu’un jeune réalisateur à la veille de la sortie de son premier film. HaHataim (Les péchés) est pourtant son 20e long-métrage, le troisième volet de ce qu’il considère comme une trilogie, après Au bout du monde à gauche et L’entremetteur. Prochaine étape : le Festival international du film de Haïfa en octobre, avant la sortie dans les salles israéliennes en décembre. Pour Avi Nesher, habitué des superlatifs, HaHataim est son « meilleur film », du moins le plus personnel. Derrière une saga familiale, un drame historique basé sur l’histoire vraie de deux sœurs qui cherchent à lever le voile sur le sombre passé de leur père, se cache un film épique sur l’art, la politique et le sexisme. Une réflexion sur les empreintes laissées par les traumas, qui tord au passage le cou à quelques tabous. 

La saga d’une rencontreHaHataim raconte l’histoire vraie des sœurs Milch. Ella Milch Sheriff est compositrice. Elle a d’ailleurs signé la musique originale du film. Sa sœur défunte, Shosh Milch Avigal, a été une journaliste inspirée, politiquement engagée, fondatrice d’un journal qui mélangeait allègrement politique de gauche et pornographie. Toutes deux se débattent avec leur histoire familiale, un tabou hérité de leurs parents, survivants de la Shoah, et cherchent à percer le secret de leur père, le Dr Baruch Milch, gynécologue à Jérusalem, intransigeant jusqu’à l’excès et parfois brutal. 

Ella Milch Sheriff a déjà mis en musique la mémoire de son père dans Can heaven be void ? (Et si le ciel était vide ?) en 2003. Convaincue que Nesher était le réalisateur idéal pour porter l’histoire sur grand écran, elle n’a depuis cessé d’essayer d’entrer en contact avec lui. Grand amoureux de musique, Nesher avait été impressionné par son opéra Le rire du rat (2005) qu’il avait trouvé brillant. « Milch a donc approché mon producteur David Silber, et a beaucoup insisté pour me voir. Il m’arrive souvent que des gens veuillent me raconter leur vie », confie-t-il. « J’avais déjà filmé l’histoire d’un survivant de la Shoah dans L’entremetteur et je me suis dit qu’il était risqué d’essayer de refaire un succès sur le même thème. » Mais Ella Milch Sheriff insiste tant que les deux finissent par se rencontrer. « Je lui ai dit : “Ella, je suis un grand fan de votre musique, mais ma mère a vécu une histoire aussi horrible que celle de votre père. Elles le sont toutes. Je ne peux pas en faire encore un film. Et elle s’est mise à pleurer.” »