WOMEN IN SINK

Documentaire non distribué en France

WOMEN IN SINK – 2015

réalisé par Iris ZAKI  – 37mn

 

 

Women in sink  de Iris Zaki : cinéma, coiffure et politique

Chez Fifi, salon de coiffure tenu par une arabe chrétienne à Haïfa, la réalisatrice installe sa caméra juste au-dessus du bac à shampoing et converse ouvertement avec les clientes du salon, arabes et juives sur la politique, la vie et l’amour. La réalisatrice nous offre un portrait inattendu dans cet espace de liberté temporaire dans lequel les femmes partagent leurs différences et échangent leur point de vues sur tous les sujets de la vie.

Ce documentaire sera présenté dans les séances avec  PARTNER WITH THE ENEMY

article de 

Pour son documentaire « Women in sink » – tout juste sacré Moyen-métrage le plus innovant au festival Visions du Réel – la réalisatrice Iris Zaki a eut l’idée d’installer sa caméra au-dessus du bac d’un petit salon de coiffure pour dames situé à Haïfa… et de shampouiner elle-même les clientes. Lieu de rencontre et de détente, « Chez Fifi » constitue une véritable oasis au cœur des tensions communautaires qui traversent la société israélienne. Surtout, c’est lieu où les langues se délient…

Le dispositif est minimaliste : une caméra suspendue juste au-dessus du bac à shampoing d’un salon de coiffure. Sous l’objectif défilent des femmes arabes, juives et chrétiennes qui se confient volontiers, entre de petites histoires intimes et la grande histoire. Iris Zaki, jeune cinéaste israélo-britannique, assume ouvertement son intention première : donner la parole à des femmes arabes – musulmanes ou chrétiennes – pour dénoncer les discriminations dont elles sont victimes en tant que minorité de l’État hébreu. « Je ne connais rien des Arabes, c’est pour ça que je suis venue ici », avoue la réalisatrice à la première cliente.

 

Confidences au bac à shampoing

A l’apparente légèreté des causeries de coiffeur, Iris Zaki répond par un propos tout en douceur et en nuances, sans jamais minimiser les enjeux politiques et confessionnels qui traversent la société israélienne. Ni angélique, ni belliqueux, le film fait peu à peu tomber les clichés : une femme juive raconte son éducation partagée entre deux confessions, une femme arabe affirme être fière que ses enfants soient engagés dans Tsahal… Des témoignages qui démontrent la possibilité d’une coexistence entre les communautés.

Chez Fifi (tenu par une Arabe chrétienne) les femmes partagent leurs plats faits maisons et se soutiennent dans les coups durs. Elles forment un groupe hétéroclite, à l’image de la complexité de la société israélienne. Si les crispations politiques et religieuses existent, elles ne pénètrent pas ce cadre intime où rien ne permet au spectateur de distinguer l’appartenance communautaire de chacune.

 

women in sink

Caméra abandonnée »

Iris Zaki, actuellement en doctorat à l’université de Londres, approfondit ici sa technique de « caméra abandonnée », qu’elle avait expérimentée dès 2013 dans MY KOSHER SHIFTS, soit le choix pour la réalisatrice de se positionner  non pas derrière la caméra, mais derrière le bac où elle-même shampouine « ses » clientes.

Le cadre statique prend vie à travers les visages saisis en gros plan et les mains inexpérimentées de l’apprentie-coiffeuse. Quant au dispositif de tournage très léger, il contribue à instaurer un climat propice à des conversations libres, des confidences que la réalisatrice ne se contente pas de recevoir en simple observatrice, préférant devenir partie prenante.

 

Haïfa, en chair et en os

WOMEN IN SINK, propose une radiographie originale de Haïfa, ville d’origine de la réalisatrice, à travers la juxtaposition d’histoires individuelles. Majoritairement arabe jusqu’en 1948, cette ville côtière du nord d’Israël est désormais une cité multiculturelle et multiconfessionnelle où coexistent Juifs, Musulmans, Chrétiens et Druzes. « On a l’impression de s’échapper d’Israël » affirme une cliente.

Iris Zaki signe un film aussi léger qu’intelligent, usant d’un procédé technique simple et novateur pour nous plonger dans l’intimité d’une communauté et transmettant ainsi un point de vue encore trop rare sur une situation de conflit : la perspective des femmes.

PRIX

Best Short Film Award, Filmes do Homem, Portugal, 2016
First Prize,  FOCI Magazine competition, UK,  2016

Warsaw Phoenix for the Best Short Film, Jewish Motifs International Film Festival, Poland, May 2016

Best European Documentary, ÉCU – The European Independent Film Festival, France, April 2016

Audience Award for Best Short Foreign Film at Films de Femmes Créteil, March 2016

Special Jury Mention,  Zagrebdox Film Festival, Croatia, February 2016

Most Innovative Mid-Length Film Award at Visions du Reel, Switzerland, 2015

Special Jury Mention at Karlovy Vary, Czech Republic, 2015

Best Short Documentary Award at Haifa International Film Festival, Israel, 2015